Effets de la maladie à virus Ebola en Afrique de l’Ouest sur l’utilisation des soins de santé

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L’utilisation des services de santé maternelle et infantile (en particulier, des services de vaccination) a diminué pendant l’épidémie d’Ebola, de même que l’utilisation des services de lutte contre le VIH/sida et contre le paludisme, les hospitalisations générales et les interventions chirurgicales majeures. L’impact du virus Ebola comprend des effets indirects sur les services de santé, particulièrement dans le domaine de la santé maternelle, infantile et génésique. 

Au chapitre de la lutte contre le VIH/SIDA, on a constaté une diminution du nombre de consultations dans les établissements de traitement du VIH, des activités de prévention de la transmission du VIH de mère à enfant en Sierra Leone, du traitement des nouveaux patients atteints du VIH, et de la fréquence de renouvellement des ordonnances d’antirétroviraux. Les hospitalisations et les traitements pour paludisme ont diminué chez les adultes et les enfants. Des réductions importantes des interventions chirurgicales majeures et des hospitalisations ont été signalées. En Sierra Leone, à la fin de 2014, le volume d’opérations chirurgicales était passé à 3 % de ce qu’il était en 2013. Dans un établissement particulier, 25 % des chirurgiens sont décédés de la maladie à virus Ebola. Certains hôpitaux généraux ont été convertis en centres de traitement de l’Ebola.

L’analyse est centrée sur l’épidémie d’Ebola, d’une ampleur sans précédent (plus de 30 000 cas et 10 000 décès), qui a sévi en Afrique de l’Ouest de 2013 à 2016. Elle visait à évaluer ses effets indirects, par exemple en posant l’hypothèse que pour chaque mois d’interruption des services de vaccination en Afrique de l’Est, environ 20 000 enfants supplémentaires n’étaient pas vaccinés. Le taux de mortalité maternelle et de mortinatalité de la Sierra Leone a augmenté, et le modèle de l’étude a également suggéré que les décès dus au virus Ebola chez les travailleurs de la santé auraient un effet à long terme sur les taux de mortalité maternelle. Au total, l’analyse portait sur 22 études.

Les estimations provenant de diverses études montrent que la morbidité et la mortalité ont augmenté et que les effets pourraient s’avérer persistants, en particulier au chapitre des décès maternels et du traitement du VIH/SIDA. Dans les pays où le nombre de travailleurs de la santé est déjà faible, les décès de professionnels de la santé pourraient se traduire par une augmentation de la mortalité. Une étude a chiffré cette augmentation à 25 000 décès supplémentaires par an dans le continent africain.

Des recherches supplémentaires sont nécessaires, car bon nombre des articles utilisés dans cette analyse ont été produits par opportunisme, et donc hâtivement, ce qui entache la fiabilité de leurs conclusions.

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