Virus Zika et Syndrome de Guillain‑Barré Y-a-t-il assez de preuves pour établir une causalité

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Le lien entre l’état de malaise associé au virus Zika et le syndrome de Guillain‑Barré n’est pas fondé.

La préoccupation quant au fait que le virus Zika serait à l’origine du syndrome de Guillain‑Barré (SGB) s’est rapidement propagée à l’échelle mondiale suite aux rapports récents selon lesquels les malaises liés au Zika sont causés par le SGB. En avril 2016, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a signalé plus de 600 cas d’infection par le virus Zika associés au SGB en Amérique latine et dans les pays des Caraïbes. Compte tenu des répercussions économiques considérables qu’aurait un plan d’action mondial et du fait que ces cas soient repérés dans les pays dans lesquels les normes de référence pour confirmer l’infection aiguë du virus Zika et du SGB faisaient cruellement défaut, il était donc nécessaire d’examiner les liens de causalité entre l’infection par le virus Zika et le SGB. Cet examen vise étudier la pathogenèse de la paralysie flasque aiguë (PFA) associée au virus Zika, ainsi que son lien avec le SGB.

Quatre rapports de cas (n=5) et quatre études cas-témoins ont été recensés. Les preuves d’une relation de cause à effet entre l’infection à virus Zika et le SGB n’étaient pas concluantes, parce que les données cliniques, sérologiques et électro-diagnostiques non seulement n’ont pas permis de confirmer une variante de la neuropathie axonale motrice aiguë du SGB, mais ont écarté d’autres causes possibles de la paralysie. En attendant que la pathogenèse soit établie, les auteurs proposent que les nouveaux cas de malaise liés au virus Zika soient appelés « paralysie flasque aiguë liée au Zika » au lieu de les attribuer aux variantes du SGB. En plus, ils lancent un appel en faveur d’un moratoire sur les recommandations aux pays à risque en vue du développement des immunothérapies, qui sont coûteuses, contre le SGB. Les auteurs soulignent que les preuves fournies dans une seule étude cas-témoin n’étaient pas suffisantes pour susciter de profondes inquiétudes au point d’amener l’OMS à créer un plan d’action stratégique. Cette revue n’a consulté que Pubmed et n’a pas inclus les données des sites web de santé publique (par exemple les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies et l’OMS).

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